Le phénomène des bébés abandonnés

Le phénomène des bébés abandonnés

Le phénomène n’est pas nouveau mais il défraie à chaque fois la chronique. Souvent passé inaperçu auparavant, cela n’échappe plus à personne désormais dans nos cités de plus en plus connectées, ou l’information, bonne ou mauvaise, vérifiée ou pas, circule à la vitesse de l’éclair…

Il est désormais courant d’apprendre à travers divers organe de presse, une découverte macabre sujet d’un infanticide, ou moins tragique, d’un bébé abandonné dans une poubelle ou ailleurs, bienheureux s’il n’a pas été dévoré par les chiens et autres animaux errants !

A l’exploration des raisons de l’amplification, aujourd’hui, de tels actes, il ressort entre autres le manque d’éducation sexuelle de la jeunesse auquel s’ajoute la précarité dans laquelle vivent de nombreuse familles, dont les parents peinent à assurer le nécessaire. Principales victimes, les jeunes filles, rendues vulnérables par des conditions de familles instables, se retrouvent livrées à elle-même, exposées à de nombreuses tentations sous la convoitises d’hommes sans scrupules.

Mais il faut également noter l’irresponsabilité de certains jeunes gens qui, bien que scolarisés, donc souvent bien informés, se laissent aller à certaines pratiques aux conséquences inattendues.

Selon Plan International, près de 16 millions de filles âgées de 15 à 19 ans mettent au monde des enfants chaque année. 70 000 adolescentes, par an, meurent des suites de complications de la grossesse et de l’accouchement. L’ONG détaille les causes :

  • Le manque d’information et d’éducation sexuelle – Faute de moyens et à cause de tabous liés au sexe, les enfants et les jeunes filles ne reçoivent pas d’éducation sexuelle et reproductive. Elles ne connaissent pas ou mal les moyens de contraception et ne connaissent pas les risques liés à une grossesse précoce. L’absence de planning familial, gratuit dans certains pays en développement, renforce cette situation de méconnaissance et de manque d’accès aux soins. 
  • Les mariages forcés et précoces – 9 grossesses précoces sur 10 ont lieu dans le cadre d’un mariage ou d’un concubinage. Une fois mariées, les filles sont forcées d’avoir des relations sexuelles avec leur mari et tombent enceinte. 
  • Les violences et abus sexuels – Sur le chemin de l’école, dans les écoles, lors de situation d’urgence, au sein même de la famille… les filles sont vulnérables et victimes de violences et abus sexuels non protégés. 
  • Les tabous liés à la culture – Dans certains pays en développement, parler de sexe est tabou. Les filles qui tombent enceinte suite à un rapport sexuel ou à un abus sexuel ont honte d’en parler et ne font donc rien pour les stopper. 
  • La loi – Dans la majeure partie des pays en développement, l’avortement et parfois même la contraception sont considérés comme un crime et sont répressibles.
  • L’accès à la contraception – L’accès à la contraception peut être freiné par la pauvreté, les tabous et/ou les distances trop grandes pour accéder à un magasin ou un centre de santé les distribuant. 

Sur les conséquence, l’ONG explique :

une grossesse précoce a des conséquences catastrophiques non seulement pour la mère, mais aussi pour l’enfant et le développement de leur communauté et du pays tout entier :

  • Risques pour la santé – Ces grossesses précoces sont très dangereuses aussi bien pour la mère que pour l’enfant : chaque jour, 194 filles meurent des suites d’une grossesse précoce. Pourtant, 90 % des causes liées à ces décès pourraient être évités. Les complications de la grossesse et de l’accouchement constituent la deuxième cause de décès pour les filles de 15 à 19 ans dans le monde. Ces décès sont généralement causés par le manque de centres de santé pour suivre ces grossesses à risque, ou d’argent pour y accéder.
  • Déscolarisation – D’après une étude que nous avons menée, 58 % des filles ne retournent jamais ou rarement à l’école après avoir eu un enfant. Ce chiffre augmente lorsque les filles sont aussi mariées.
  • Marginalisation – Dans beaucoup de sociétés, l’honneur de la famille repose sur la virginité des filles. Celles qui sont enceinte hors mariage sont donc victimes de discriminations et de marginalisation. Elles peuvent être rejetées par leur famille et deviennent ainsi vulnérables aux violences et abus, à l’esclavage domestique et à l’exploitation sexuelle.
  • Perpétuation du statut inférieur des femmes et de la pauvreté – Les mariages et les grossesses précoces maintiennent les filles dans leur statut inférieur à l’homme et ne leur permettent pas de sortir de la pauvreté. Il s’agit d’une situation injuste et d’un énorme potentiel perdu pour le développement des communautés et des pays.

Avec les conditions de vie de plus en plus difficiles de nos jours, il est fort probable que ce phénomène ne va pas s’arrêter ou du moins régresser. En tout cas, aussi longtemps que l’État et la société toute entière n’adoptera pas de nouvelles mesures pour changer les comportements.

Pourtant des solutions existent, plus humaines et moins criminelles que la poubelle, pour des personnes qui, pour une quelconque raison, ne souhaitent pas garder leur enfants. A l’exemple de nombreuses associations et des ONG qui agissent à travers des pouponnières partout sur toute l’étendue du territoire. Une recherche google sur la question devrait édifier le lecteur sur l’action de ces dernières.   

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