PJF : la DIC chargée d’identifier les bénéficiaires réels de 36 entreprises citées dans l’audit de la Cour des comptes
Dakar, 20 août 2026 — Le traitement judiciaire du rapport 2025 de la Cour des comptes sur la gestion des finances publiques, couvrant la période de 2019 à mars 2024, franchit une nouvelle étape. Selon des informations rapportées par plusieurs médias sénégalais, le Pool judiciaire financier (PJF) a saisi la Division des investigations criminelles (DIC) afin d’identifier les bénéficiaires effectifs de 36 entreprises citées dans les conclusions de l’audit.
La mission confiée aux enquêteurs consiste notamment à déterminer les véritables propriétaires des sociétés concernées et à vérifier si des modifications de statuts, de dénomination ou de structures juridiques ont éventuellement été opérées pour dissimuler leur identité ou contourner les investigations. La liste aurait été transmise à la DIC au début du mois d’août par le Parquet financier.
Plusieurs sociétés citées
Parmi les entreprises mentionnées figureraient notamment Bamba Ndiaye SA, la SCI Fara, associée au responsable de la Fédération sénégalaise de football Cheikh Seck, pour un marché estimé à 3 milliards de FCFA, ainsi que Lavie Commercial Brookers, citée dans le dossier relatif à un marché d’armement de 45 milliards de FCFA. Envol Immobilier, promoteur des sphères ministérielles, ferait également partie des sociétés concernées par les vérifications.
Les investigations porteraient également sur les liens éventuels entre certaines entreprises et des personnalités connues, dont un ancien consul honoraire du Sénégal à Tel-Aviv ainsi que deux cabinets d’avocats sénégalais réputés, selon les informations relayées par la presse.
Des vérifications, pas des condamnations
À ce stade, l’enquête vise essentiellement à établir la réalité des bénéficiaires effectifs des sociétés concernées et à vérifier les informations issues de l’audit de la Cour des comptes. La mise en cause d’une entreprise ou d’une personne dans le cadre de ces vérifications ne constitue pas, en elle-même, une preuve de culpabilité.
Les personnes physiques et morales citées bénéficient donc de la présomption d’innocence, aucune charge n’ayant, à ce stade, été retenue contre elles, selon les informations disponibles.
Cette nouvelle phase illustre ainsi la volonté du Pool judiciaire financier d’approfondir les éléments relevés dans le rapport de la Cour des comptes et de faire la lumière sur l’identité des véritables bénéficiaires des sociétés concernées.

DAOUDA SEYE
