Ousmane Sonko dévoile de profondes divergences avec Diomaye Faye et agite la menace d’une crise politique
La fracture entre le président de Pastef, Ousmane Sonko, et le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, s’affiche désormais au grand jour.
Lors d’un point de presse tenu ce 2 juin, l’ancien Premier ministre a multiplié les déclarations fortes, révélant l’existence de désaccords majeurs au sommet de l’État et affirmant disposer des moyens politiques nécessaires pour renverser l’actuel gouvernement.
Face aux médias, Ousmane Sonko a insisté sur le poids de sa formation politique au sein de l’Assemblée nationale. Selon lui, la majorité parlementaire acquise à Pastef constitue un instrument déterminant dans le rapport de force institutionnel.
Il a ainsi déclaré être en mesure de provoquer la chute du gouvernement dirigé par Ahmadou Alamine Mohamed Lo, tout en précisant qu’il ne souhaite pas, pour l’instant, engager une telle démarche.
Le leader de Pastef a également créé la surprise en évoquant un accord politique conclu avec Bassirou Diomaye Faye avant l’élection présidentielle de 2024.
Selon ses explications, un document baptisé « protocole de Cap Manuel » aurait été élaboré alors qu’il était détenu à la prison du Cap Manuel. Cet accord aurait fixé les orientations stratégiques de leur camp politique ainsi que les perspectives de gouvernance après l’accession au pouvoir.
D’après Ousmane Sonko, ce protocole aurait notamment consacré son choix de soutenir la candidature de Bassirou Diomaye Faye à l’élection présidentielle de 2024.
Il affirme également que les discussions portaient sur l’avenir politique du mouvement et sur les échéances électorales futures, y compris la présidentielle prévue en 2029.
L’ancien chef du gouvernement a par ailleurs livré sa version des circonstances ayant conduit à la rupture entre les deux hommes. Il soutient avoir été convoqué par le président de la République à la suite de son audition à l’Assemblée nationale.
Au cours de cet entretien, Bassirou Diomaye Faye lui aurait indiqué que leur collaboration ne pouvait plus se poursuivre en raison des conséquences politiques de certaines de ses déclarations publiques.
Toujours selon Sonko, le chef de l’État aurait proposé que leur séparation soit présentée à l’opinion comme le résultat d’une décision concertée.
Une proposition qu’il dit avoir rejetée, préférant que la responsabilité de cette décision soit assumée de manière claire par le président de la République.
Ces révélations interviennent dans un contexte marqué par des tensions croissantes au sein de la majorité issue de l’alternance de 2024.
Elles ouvrent une nouvelle séquence politique dont les conséquences pourraient peser sur la stabilité des institutions et l’équilibre du pouvoir dans les mois à venir.
À ce jour, la présidence de la République n’a pas encore réagi officiellement aux déclarations de l’ancien Premier ministre.
Les prochains développements seront particulièrement suivis par les acteurs politiques et l’opinion publique, alors que les relations entre les deux principales figures de l’alternance semblent avoir atteint un point de rupture inédit.

DAOUDA SEYE
